« Ce qui m'intéresse dans la danse, plus que la forme du mouvement, c'est l'énergie unique de chaque corps. C'est une question d'intensité, dans le volume, dans l'espace, dans la vitesse ». Pour Ginette Laurin, la chorégraphe et directrice artistique de la troupe de danse O Vertigo, après plus de vingt ans de création, cet intérêt ne s'est pas démenti.

Les trois voix contrastées de Michèle Febvre, Guylaine Massoutre et Denis Marleau, soutenues en filigrane par celle de Ginette Laurin, permettent d'approcher et de saisir les métamorphoses de ces énergies uniques en danse poétique, ludique et émouvante. Elles éclairent également une démarche originale, partie prenante du « bouger montréalais » dont Laurin fut d'ailleurs l'interprète emblématique avant d'en devenir l'une des créatrices phares. Ce livre, d’une grande beauté, présente cette artiste, sa démarche et celle de sa compagnie de danse à travers des textes puissants abondamment illustrés par des photographies exceptionnelles.

Pour visiter le site de la compagnie: www.overtigo.com

Anatomie du vertige
Ginette Laurin: vingt ans de création

Michèle Febvre, Guylaine Massoutre
Prologue de Denis Marleau

2005, 128 pages, 22 x 28 cm
ISBN 978-2-922265-28-6
39,95$


Antje Riede, Kenneth Gould dans En dedans (1998)
Photographie: Rolline Laporte
Un extrait:

O Vertigo tribu

O Vertigo est difficilement dissociable de ses interprètes et de ses collaborateurs qui ont jalonné son parcours. Des interprètes particulièrement. « C'est une danse de l'être humain plus qu'une danse technique » nous a dit Anne Barry. Tout en préservant son « autorité » de maître d'oeuvre, Laurin a su et voulu, depuis longtemps et de plus en plus, laisser de l'espace et de l'autonomie aux danseuses et danseurs: espace de formation, de création et d'interprétation. O Vertigo est un lieu propice au développement de chacun où les idées sont sollicitées, accueillies, discutées, mise en pratique. [...]

Attentive aux interprètes remarquables qui forment sa compagnie, Laurin, à travers ses pièces, leur donne une pleine visibilité, même dans l'unisson qui semble se définir comme un « danser ensemble » dans l'accord du souffle et du rythme et non dans la reproduction d'une forme « clonée » du mouvement. La prise en compte des personnes et de leur spécificité fait en sorte que les « personnages » sur scène sont nettement différenciés.

Michèle Febvre

 

*** Si vous avez apprécié ce livre, vous aimerez sûrement Jean-Pierre Perreault: Regard pluriel et Danse-Cité. ***


Gaétan Gingras, Kenneth Gould dans Déluge (1994)
Photographie: Rolline Laporte