
L'originalité de cet ouvrage réside dans les regards croisés d'un écrivain/chercheur, Pierre Ouellet, qui nous offre un texte de création littéraire et de réflexion, en résonance à l'art chorégraphique de Perreault; de deux historiens de l'art, Thérèse Saint-Gelais et Laurier Lacroix, qui se livrent, respectivement, à une réflexion sur la représentation du masculin et du féminin dans les oeuvres dansées et à une analyse de la création proprement picturale; et de Michèle Febvre, théoricienne de la danse, qui a agi comme directrice de la publication et qui aborde le parcours esthétique du chorégraphe depuis ses débuts au Groupe de la Place Royale en 1967, sa première oeuvre en 1972 et l'affirmation de sa signature à partir de Joe (1983).

L'allant
Le monde entier bouge dans chaque danseur. C'est la terre qui tremble dans ses membres, l'humanité qui anime son corps. Le danseur n'est ni un homme ni une femme. Il est l'espèce humaine. Faite chair d'un seul homme, d'une seule femme, d'un seul être. L'animal fait âme, d'un coup, la vie croisée avec une vie: celle-là, celle-ci. Ce danseur, cette danseuse, frappés par leur irréductible humanité. Leur seule identité. D'être vivant, d'être animé. Le genre humain fait homme, femme, dans leur impénétrable singularité. Voilà l'oeuvre de Perreault: faire que l'Homme soit un homme et inversement, et ce dans chaque mouvement.
Pierre Ouellet
Adieux, 1993.
Photographie: Michael Slobodian